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Thomas Clausi, l’entrepreneuriat tourné vers l’Afrique

À 20 ans, le Mosellan Thomas Clausi est animé par un fort attrait pour l’entrepreneuriat. Il a multiplié les tentatives, avec plus ou moins de succès. Avant de trouver son Graal au Maroc. Du Maghreb, il a lancé Africa Pay, première néo-banque africaine avec une cryptomonnaie. Investisseurs, levées de fonds… le jeune businessman sait où il va.

Le Mosellan Thomas Clausi, animé par une passion pour l'entrepreneuriat depuis l'adolescence.
Le Mosellan Thomas Clausi, animé par une passion pour l'entrepreneuriat depuis l'adolescence.

Thomas Clausi n’hésite jamais à le dire, pas comme un défi, mais davantage pour montrer qu’on peut réussir hors des sentiers battus : «le système scolaire classique, pas vraiment mon truc». À 16 ans, il vend ses affaires personnelles pour se constituer un capital de départ : 100 €. Depuis l’adolescence, il aime bâtir des projets, des stratégies… et les concrétiser. «À 13 ans, je lançais ma ligne de prêt-à-porter», rappelle-t-il. Le pratiquant de boxe enchainera avec une boutique d’e-commerce spécialisée en articles bien-être, massages et soins du corps. Échec : il perd tout son investissement. Opiniâtre, il bâtit dans la foulée sa première entreprise, CLS Marketing, entité dédiée à la création de sites web, des réseaux sociaux... Tout sauf simple quand on n’est pas majeur et sans permis, pour démarcher ses premiers clients - restaurants, agences immobilières… -. Son meilleur soutien moral et logistique est celui de son grand-père, lequel a émigré à 17 ans en France, sans parler un seul mot de français. L’exemple de cet aïeul à l’histoire rude quand il eut s’agit de quitter la botte italienne, Thomas Clausi en a fait sa force motrice. On le verra lancer ensuite une gamme de compléments alimentaires et une e-formation éponyme. Avant le grand virage qui le mène au Maroc. Le Mosellan raconte la suite.

Comment votre contact avec le Maroc s’est-il fait ?

J’ai fait un premier voyage au Maroc dans le cadre du développement de mes activités professionnelles et j’ai eu un coup de cœur pour ce pays. En parallèle à mon agence marketing, j’ai commencé à travailler sur la création d’une néo-banque en Afrique avec une cryptomonnaie : Africa Pay. Ce concept n’existe pas sur le continent africain.

D’où est venue cette idée de néo-banque africaine ?

De par mes observations sur place. Le continent africain est confronté au manque de proximité et aux difficultés des banques traditionnelles à s’implanter dans ces régions. Avec la pandémie, l’utilisation du mobile money s’est accélérée. Africa Pay, banque digitale, s’inscrit dans la dématérialisation des services physiques bancaires. Il faut savoir que 10 % de la population africaine dispose d’un compte bancaire. Africa Pay veut répondre à ce faible taux de bancarisation. Il s’agit d’accompagner le continent africain dans sa transformation digitale et de démocratiser le système bancaire, notamment auprès de sa jeunesse. De nos sociétés modernes, cela peut paraître lointain, mais les enjeux sont importants pour les années à venir. En facilitant l’accès aux services financiers en Afrique, via Africa Pay, on s'intéresse à des problématiques intercontinentales. L’Afrique a besoin d’outils bancaires accessibles pour ses populations.

Comment cela se concrétise-t-il ?

D’abord lancé au Maroc, le système Africa Pay va se généraliser dans vingt pays africains : Bénin, Kenya, Tunisie, Niger, Gabon… Des investisseurs et des relais dans chacun de ces pays travaillent à mes côtés au développement de cette innovation qui parie sur l’intelligence artificielle. Africa Pay s’adresse à des étudiants, agriculteurs, non-bancarisés, analphabètes, particuliers comme professionnels.

Quelles sont ses potentialités ?

Africa Pay permettra de créer son identité bancaire sans dépôt minimum, via une application dédiée. Chaque utilisateur pourra ouvrir son compte courant gratuitement et recevoir une carte bancaire utilisable partout dans le monde. Via un espace client, il sera simple d’effectuer des dépôts et d’économiser de l’argent. Également, de suivre ses finances par une analyse détaillée et instantanée de la situation de son compte et des dépenses directement sur son mobile avec la possibilité d’épargner, de transférer de l’argent sans frais. Des box avec un commercial seront présents dans les Malls ainsi que des distributeurs de cartes dans des points stratégiques, sans oublier des bornes qui seront disponibles chez les partenaires.

Cette implication en Afrique a changé votre regard sur votre soif d’entreprendre ?

Sur le sens que je veux y donner, certainement. Dans mes premières années, je faisais de l’argent pour l’argent. Je réfléchissais «cash», combien cela peut me rapporter. C'était la priorité. Mon aventure africaine a modifié la donne. Je m’imprègne des réalités locales, à mille lieues de celles de France et d’Europe. En quelque sorte, cela m'a remis sur terre. Une cryptomonnaie a été créée et sera bientôt disponible. L’objectif est d’apporter une monnaie stable pour l’Afrique, utilisable directement sur la néo-banque et sur ces points physiques avec de nombreuses innovations. Son ICO verra le jour dans les mois à venir. Sur chaque crypto-monnaie acquise, un pourcentage sera collecté afin de financer la création d’écoles sur tout le continent africain pour permettre de former aux métiers du digital. L’ambition, à terme, pour Africa Pay, c’est de créer plus de 15 000 emplois directs en Afrique.

Pour aller plus loin : www.africapay-financement.fr

10 %
C'est le pourcentage de la population africaine qui dispose d'un compte bancaire sur l'ensemble du continent.